Etre artiste. Avoir une ligne directrice dans la tête. Se tromper, recommencer, tourner le dos. Mûrir.
Oui, grandir et se dire que le chemin que l’on choisit est celui, justement que l’on choisit.
Moi, je ne suis pas un artiste. Je regarde les artistes. De mon œil en plomb, de l’extérieur, je me permet parfois de les juger, toujours sans raison. Je me dis tiens ça, j’aurai pas fait comme ça ou tiens celui là, il est gonflé. Je mesure leur efficacité à la capacité de m’émouvoir. Mais c’est juste par rapport à moi.
Je pense à Dre ou a d’autres que vous ne connaissez pas et qui pourrissent au fond d’un atelier, d’une cave, sur des chantiers d’intérim parce qu’il faut manger. Je pense à d’autres que je connais, qui n’ont de talent que de faire du bruit autour d’eux, qui ramassent des pépites et qui bluffent.
Souvent, je me demande comment font les premiers ( les seconds, je sais) pour survivre à leur honneur, leur peine, leur amour propre, leur vision d’eux même. Souvent, je pense , oh bien sûr, sans pitié ni misérabilisme, à leur quotidien qu’ils ont choisit et qui leur fait payer ce choix.
N’être rien pour soi et pour les autres. Me serais-je trompé de chemin ? Suis-je à ce point médiocre ? Pourquoi c’est pas moi ?
Comment font-ils pour garder la tête haute alors que tous veulent qu’ils la baisse, l’enfonce ?
Moi, ma vie, elle est sans surprise : un truc avec du Nutella autour. Je n’ai pas pris ces risques. Je n’aurai sans doute pas supporté. Je comprends le sentiment qui porte jusque sous le dais noir de sa propre vie. C’est donc l’art qui suicide, mon amour.
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Tchac!Tchac!Tchac!