Une fille blonde au dos attirant est assise sur les marches juste devant moi. Son corps dodeline. Doucement ses cheveux accompagnent la vague de son et de lumière qui vient de plus bas, plus loin. Un instant, fugace instant, j’ai envie de coller mes yeux contre sa nuque. La musique qui roule, gronde nous porte vers l’unisson. Car c’est cela qui réunit des gens sous un chapiteau, là bas, de l’autre coté des rivières, des glaciers, des montagnes ou ici, dans cette ville de l’Est de la France. Un désir charnel de partager un truc indicible, une émotion palpable tellement forte qu’on en a peur en même temps qu’on l’espère.
Un chapiteau c’est immense Barnum, capharnaüm clinquant, avide où l’envie masochiste de s’éclater les mains est plus forte que tout.
Flora vous le dira : je n’applaudis jamais. J’aime les orgasmes intérieurs, les voyages de l’âme, le plaisir construit. D’aucun pourrait me le reprocher. C’est comme ça et c’est bien.
Je passe donc sur la prestation de Mell. J’ai fini mon adolescence.
La vie étant ce qu’elle doit être, je suis arrivé sous le chapiteau tiède -quittant le dehors noir pour entrer dans le noir coloré- durant le set d’Andrew Bird. Agréable surprise. Un univers, un vrai. Un gars de Chicago qui joue du violon avec des samples, des loops et une pédale delay, un peu de guitare brute et du pseudo xylophone. A sa gauche un batteur efficace. Pour ceux ou celles qui auraient croisé Camille. C’est le même principe. Donc un peu répétitif sur scène. Mais tellement prenant. A découvrir.
Mi-temps, je cours faire pipi dans un truc vert qui ressemble à un presse-agrumes, une clope, vite fait. La blonde est toujours là. Ouf ! Je vais survivre !
Plus tard dans la soirée, elle se tournera vers moi, me sourira étrangement, les yeux dans le pétillant :
« Salut, comment vas-tu ?.
-Euh… bien… bien, enfin… bien… et toi ? ».
Une copine de y’a longtemps.
Dans mon lit, une femme s’est rendormie.
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Tchac!Tchac!Tchac!