Les uns se précipitent des verres bière en équilibre entre les doigts, les autres tirent une dernière fois sur une cigarette. La lumière se fait. Une brouhaha de contentement monte en sourde rumeur. L’attente se termine.
Juste avant que le rideau s’ouvre, les musiciens attaquent l’intro de Killer Zoom Zoom. Puis, Zanini, reconnaissable entre tous à son fier galurin, entre d’un pas qui se veut nonchalamment nonchalant prend sa place devant le micro, guitare en bandoulière. C’est parti pour deux heures d’un show où le public reste plus attentif qu’explosif. Visiblement, chacun voulait voir, se faire une idée.
Bonne nouvelle, Zanini à maigri(1). Mais je ne dois pas avoir de bol. Je le trouve pas en forme, presque malade, la voix enrouée et lent à pousser le combo.
Le combo, d’ailleurs, ne me fait pas une meilleure impression que ce que j’avais vu à Vence avec l’ex-baleine : mou-mou. Zap nous avait embarqué après la Flèche d’Or sur la pente du Rock. Je rassure Drenek sur ce point : l’artiste maudit qu’il est va pouvoir garder un peu d’argent pour acheter les pommes de terre nécessaires au bon bouillon de sa marmite bretonne.
Certes, le tout respire la cohésion, la maturité. C’est beau, c’est bon mais ça n’explose pas le Rock and Roll. Indéniablement, je l’avoue, on ne s’ennuie pas mais y’a un problème de percution.
Une nouveauté se glisse entre deux promos pour le prochain album et le dernier en date.
J’suis miné : Ode à l’antipersonalité des mines et à leurs actions bénéfiques pour l’augmentation des parts de riz dans les pays en fin de guerre.
Zanini finit Evolution/Révolution le poing gauche levé en hurlant : REVOLUTION.
L’ennui c’est que parfois dans de long monologues, il revient à ses idées limite réac que l’on trouve dans le DbD, flirtant même avec la ligne jaune du poujadisme. Paradoxe.
Le temps passe le concert prend forme avec des instants de bravoures. Keep on moving(Esmeralda) en est un. Magnifique d’efficacité, de trouvaille, d’invention et de profondeur peut-être le plus beau moment du concert. On aimerait cela tout le temps.
Ne nous méprenons pas. Le concert est bon mais bourré de déjà vu/entendu dans la playlist. Un souci de plaire au nostalgiques de 1981 (la balade du mois d’août, oublier, combien de temps, l’avion gna gna) et très peu de chansons des derniers albums. Souci commercial ?
C’est en continuant comme cela que l’on pourrait croire que Zanini n’est qu’un chanteur des années 80 sur le retour (: « Vous vous souvenez de quand j’étais bon »).
Si le show , je le répète est bon, c’est à dire bien meilleur et plus original que chez beaucoup de ses concurrents, je continue à vouloir attendre mieux parce qu’il peut mieux.
On fini sur l’avion gna gna et c’est plié.
Du bonheur certes mais en fragments.
(1) Il a du me lire en cachette, le bougre.
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Tchac!Tchac!Tchac!